• Yokohama chapitre 2 : Amako

    Le soleil vient me réveiller tout doucement. Je m'étire, lève ma grosse couette rose et me dirige vers la fenêtre. Je me hisse sur la pointe des pieds pour ouvrir en grand la fenêtre et respirer l'air frais du matin. La neige d'hier à fondu et les nuages gris sont partis.Ils ont laissé place à un magnifique ciel bleu.  Un Hiyodori vient se poser sur le rebord de ma fenêtre. Il est sublime. Je me fais discrète pour essayer de le faire approcher un peu. Mais il est malheureusement trop craintif. Il s'envola aussitôt.

     

    Je regardai mon réveil. Comme à mon habitude, je me suis encore levée trop tôt. J'ai souvent tendance à faire ça quand je suis trop stressé. Puisque que je suis en avance, je vais m'installer sur la terrasse, prendre un livre et écouter un peu de musique.

     

    Je sortit dehors mais oubliant qu'on était en hiver, je suis sortie en simple tee shirt. Un frisson me parcouru la nuque et je rentrai aussitôt. Je pris mon peignoir dans mon armoire et mis des grosses chaussettes. Je retournai sur la terrasse et lu mon bouquin.

     

    Mon livre racontait l'histoire d'une femme qui avait perdu son mari et qui vivait seule. Elle est peintre. J'aime beaucoup la mélancolie qui émane de ce livre. Je l'ai pris à la bibliothèque il y a une semaine environ.

     

    Après avoir lu au moins une heure, je me sortit de ma bulle et retournai dans le vrai monde. Je m'orientai vers la cuisine en espérant y trouver de quoi déjeuner. Hélas, il ne restait qu'une brique de Kagome Co et du pain à moitié rassi. Et je voulais garder les dorayaki pour tout à l'heure.

     

    -Je devrais faire plus souvent les courses...

     

    Je m'assis à la table et me résolus à prendre ce qui restait.

     

    Après avoir "déjeuné", m'être habillée et préparée, je prends mon sac avec les dorayaki et mon billet de train dedans et mis mon manteau. Je tournai la poignée et ouvris la porte. C'est bon j'étais dehors.

     

    Je sentais une douce brise me caresser les joues. Je marchai en direction de la gare, mon écharpe flottant au vent. Elle n'étais pas très loin, je pouvais tout à fait y aller à pied.

     

    J'avais l'air renfrogné, j'évitais de regarder les gens dans les yeux ou de tout simplement me faire remarquer. Je ne voulais ni qu'on me regarde, ni qu'on me parle. Je n'aimais vraiment pas sortir.

     

    Arrivée à la gare, je compostai mon billet et attendis l'arrivée du train en m'appuyant sur un mur. Je regardais un homme qui jouait du piano au loin et les gens qui faisaient des va et viens dans les magasins de la gare. J'avais toujours mon casque sur les oreilles, ça me servait à dissuader les gens de venir me poser une question.  Ce n'est pas que je ne saurais pas répondre, c'est juste qu'une simple interaction avec les gens me déstabilise. Alors je préfère en éviter le plus possible.

     

    Mon train arrivé, je me dirige tout au fond du wagon et regarde en direction de la vitre.  Heureusement que personne ne vint s'assoir à côté de moi  ou en face. Je n'en avais vraiment pas envie.

     

    Puisque j'avais apporté mon livre, eh bien je lu. Arrivé au quart du voyage, mon livre était terminé. Ô affliction et douleur ! Qu'allais-je bien pouvoir faire sans livre ? Tant pis. Je pris une feuille et un crayon et griffonnai quelques brouillons. Ce n'est pas grave, je m'achèterais un autre livre à Yokohama.

     

    Finalement, après quelques minutes interminables de gommages et de crayonnages je me laissai tomber sur le siège et m'endormit.

     

    -Terminus, Yokohama dans 2 min, terminus Yokohama dans 2 min.

     

    La voix robotique du train me réveilla en sursaut. Je remis les affaires que j'avais sorties dans mon sac et m'apprêtai a quitter le train.

     

    Je me tint à la barre de fer du train pour ne pas tomber. Le train s'immobilisa net et les gens pressés descendirent en premier. Je sortit du wagon et ôtai de mon sac le plan de la maison de ma mère que j'avais imprimé la veille.

     

    C'est bon, j'étais à Yokohama. Je regardai le ciel bleu en respirant l'ai frais. Je fermai les yeux un instant. Moi, Mioko, j'avais pris le train.

     

    -Expire, inspire. Ça va aller.

     

    Je devais absolument trouver mon chemin toute seule, demander de l'aide à quelqu'un m'étais impossible. Ma timidité m'en empêcherais.

     

    Je repris ma marche et sortit de la gare, toujours en évitant les regards, le plan à la main.Je jetai un coup d'œil à ma montre : 11h47.

     

    -Je dois prendre le bus pendant 20 minutes...ça devrais aller...ma mère ne m'en voudra pas si j'ai quelque minutes de retard!

     

    Je pris mon téléphone et lui envoya un SMS pour lui dire que j'étais bien arrivé et que j'aurais sûrement quelque minutes de retard :

     

    -Coucou maman! Je suis bien arrivé mais j'aurais un peu de retard, voilà bis !

     

    -Ok bisou

     

    Soudain, pendant que je marchais, une petit fille d'environ 6 ans vint s'accrocher a mon manteau. Ses cheveux, noir ébène, lui tombait le long du dos et ses yeux était d'un vert perçant. Elle portait des sandales rouges, une petite robe blanche et un serre-tête noir. Elle n'avait pas froid comme ça ?

     

    -Madame, suis moi!

     

    -Je...qui es-tu ? Enfin...désolé petite fille..je n'ai pas le temps de...

     

    -Madame tu dois venir! Je vais te guider !

     

    -Je te dis que je n'ai pas...

     

    Oh et puis zut. J'avais prévenu ma mère que j'aurais quelques minutes de retard. Je souris à la petite fille et lui donna la main. Elle m'entraina dans une petite ruelle, très chaleureuse, pleine de marchands. Les immeubles avait des balcons tout fleuris. L'ambiance était très conviviale. Des lampions était suspendu au dessus de stands de fruit et légumes.

     

    La petite fille saluait les marchands qui avait l'air de tous la connaitre. Mais qui était cette fille ? Si petite et si débrouillarde ? Si...spontanée ? Je devrais en prendre de la graine tiens...elle se débrouille bien mieux que moi en société...

     

    Pendant que je l'observais, ébahie, elle avait acheté un sachet de daikon. Elle me le tendit :

     

    -Madame, tu peux le prendre ? c'est un peu lourd...

     

    -Oui bien sûr !

     

    Heureusement que je n'étais pas complètement asociale envers les enfants.

     

    -Oh mais...je ne t'ai pas demandé ton prénom, comment t'appelles tu ?

     

    -Je m'appelle Amako madame !

     

    -Oh quel joli prénom ! Ah...et où tu m'emmènes ?

     

    -Tu verras madame!

     

    -Tu peux m'appeler Mioko !

     

    -D'accord madame Mioko !

     

    Cette petite me faisais rire, elle était si gentille, si mignonne !

     

    Et elle repris sa marche en murmurant un air qui m'était inconnu. Je lui emboita le pas aussitôt.

     

    La petite ruelle déboucha sur un port. On monta sur le trottoir qui longeait cette petite étendue d'eau, calme. Les bateaux avançaient paisiblement dessus.

    Je sens que cette ville va me plaire.

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